Les villas cachées de Beykoz : le poème oublié de l'architecture en bois
Istanbul' la rive asiatique la plus verte et paisible, Beykoz, offre une sérénité différente en ces jours où l'été ralentit vers l'automne. Dans cette partie du Bosphore, au-delà de la forêt de béton, les villas façonnées par les mains des artisans du bois sont encore debout ; certaines attendent des réparations, d’autres continuent silencieusement à vivre. Ces constructions ne sont pas seulement des habitations, mais des témoins d’une culture de vie et d’une conception esthétique.
Le Yalı en bois est l’un des exemples les plus frappants de cet héritage. En regardant la vue du Bosphore à travers ses vitres à treillis, ses étages en saillie (balcon) et son travail du bois, il vous fait vous demander si vous êtes le noble d'Istanbul' de votre époque ou simplement un roturier. Le Yalı de Necati Bey à côté et le Yalı de Yağcı Şefik Bey racontent également, avec un ton similaire et des détails différents, la même richesse. Dans les jardins derrière ces yalıs, des grenadiers, des pruniers et des vignes donnent encore leurs fruits.
En marchant le long de la route côtière, vous rencontrez le pont Göksu, une signature élégante de l’ingénierie ottomane du XIXe siècle. Le bruit du ruisseau Göksu Deresi' qui passe sous le pont éloigne le bruit de la ville. Un peu plus loin, la coupole en bois du Yalı de la princesse Rukiye qui s’élève vers le ciel et les aménagements du Yalı Zarif Mustafa Paşa Mehtabiye Köşk' qui s’étendent vers le Bosphore attendent d’être capturés avec votre appareil photo.
La dernière étape de cet itinéraire pourrait être une expérience de hammam historique. En vous rendant à Beşiktaş' vous trouverez le Hammam Köyiçi, l’un des plus méconnus parmi les œuvres de Mimar Sinan' tout en conservant l’atmosphère la plus authentique. Sur son dôme chaud, les pierres où autrefois les padişahların et les vizirs transpiraient sont encore humides. En sortant du hammam et en regardant le Bosphore, la fatigue du jour laisse place à une sérénité.
Connaître Istanbul' ne se limite pas à flâner à Sultanahmet' ; c’est aussi boire un thé à l’ombre des yalıs en bois sur les côtes paisibles de Beykoz, écouter le rythme du Bosphore. Avant la fin de cet été, planifiez une escapade vers ces recoins cachés.